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Forêt de Léthé
Multimedia Art Museum of Moscou, Russia
Wallpaper, sliced wood piece, turntable, PC, sound system, lighting

When creating ‘The Forest of Oblivion’ project (2015) the artist was inspired by Seich? Matsumoto’s novel ‘The Tower of Waves’ (1959), in which the heroine commits suicide at the foot of Mount Fuji, in Aokigahara Forest. This forest is one of the few places in Japan still untouched by man. Largely due to Matsumoto’s novel, it became analogous in the collective consciousness to the Lethe of Ancient Greece – the river of forgetfulness, a boundary space between this world and the next, between materiality and void, hell and the Garden of Eden. An ideal place for those who seek oblivion, who yearn to disappear from the memory of others. ‘This forest enchanted me. Of all the forests I visited, this is the strangest, the most fantastical and living forest, because it holds the memory of all those who lost their way here. They are protected by this dense forest, it turns their despair into living energy.’ ‘The Forest of Oblivion’ installation is compiled from dozens of photographs taken in Aokigahara Forest that have then been rearranged and processed to create a landscape existing only in the artist’s imagination – an imaginary forest. In a space connected not to death, but to life, imagination and the dream.

En 1959, un roman écrit par Seicho Matsumoto, The Tower of the Waves est publié dans un magazine féminin japonais. Ce roman est une histoire d’amour impossible entre l’inspecteur Onogi et son amante Yoriko. Cette dernière réalisant que leur amour est impossible, disparaît dans la forêt d’Aokigahara au pied du mont Fuji. Très vite, à cause ce roman à succès, la forêt se fait connaître comme le lieu idéal pour mettre fin à sa vie.
Cette forêt est comme le fleuve Léthé (le fleuve de l’oubli), dans la mythologie grecque. Elle marque une frontière entre le moment présent et l’au-delà, entre la matérialité et le néant, entre l’enfer et le Jardin d’Eden. Elle est le lieu idéal pour ceux qui veulent être oubliés, ceux qui veulent disparaître de la mémoire des autres en silence. Mais cette forêt est aussi habitée par cette force incroyable de la nature qui tente de survivre malgré la topologie du terrain. Cette dualité entre la vie et la mort, l’oubli et la mémoire, marque inéluctablement les promeneurs et les curieux.
Cette forêt me fascine. Ayant parcouru plusieurs forêts dans le monde, c’est pour moi la plus étrange, la plus fantastique, et aussi la plus vivante, car elle contient en elle la mémoire de ceux qui s’y sont perdu, elle les protège en son sein, transformant leur détresse en sève vitale. En s’y promenant, on fait face à des trous béants dans le sol, comme une invitation à pénétrer en son centr. Ces trous, ces grottes, sont des cachettes, une porte entrouverte où l'on tente d’apercevoir un fond qui n’existe peut-être pas.
La photographie de cette installation a été travaillée avec des dizaines de photographies provenant de cette forêt. Elles ont été rassemblées, recomposées, redéfinies pour donner naissance à un lieu qui n’existe que virtuellement. Une forêt imaginaire donc. Une forêt, majestueuse, féerique, et mystique, qui tente de contrebalancer la forêt réelle qu’est Aokigahara. Elle est pour moi une forêt idéale, non liée à la mort, mais à la vie, à l’imaginaire, et au rêve.

この作品に使われている壁紙は山梨県富士吉田市にある自殺で有名な青木ヶ原樹海で撮られた風景をプリントしたものです。数千枚ある写真の中から 100枚ほどを厳選し、長さ50メートル、高さ5メートルの1枚の写真に加工しました。また、中には架空のオブジェがちりばめられています。